En octobre 2017, l’institut des Finances Internationales publiait les chiffres officiels de la dette que le grand capital international a accumulée à ce jour : 237.000 milliards de dollars.
Soit 192.000 milliards d’euros, ou plus de trois fois l’activité économique annuelle de la planète. Donc plus de 30 000 $ par habitant, y compris les nouveau-nés, les vieillards et le milliard de gens qui vivent avec moins de 1 € par jour.
Chiffres bien entendu en hausse en 2018 et que l’on estime déjà à 250.000 milliards de dollars. De plus le montant des produits dérivés des banques dans le monde a dépassé 1.500.000 milliards de dollars soit plus de 1000 fois la valeur de l’or détenu par l’ensemble des banques centrales dans le monde (1400 milliards $). Ce qui, en cas de krach, représente un passif total d’environ deux millions de milliards de dollars. Soit environ 2500 fois le PIB mondial (évalué à 80.000 milliards $ pour 2018) !
Dans le même temps les fonds propres des grandes banques mondiales ne représentent plus qu’entre 0,15 % et 0,6 % de leurs engagements sur ces produits dérivés.

Ainsi, pour chaque actif, considérons que la facture sera d’autant supérieure, et qu’elle augmente d’environ mille milliards de dollars par an.
Pour nous faire une idée de cette vitesse, pensez qu’aux seuls Etats-Unis, entre 1776 et 2006, elle avait atteint 8.000 milliards, et qu’il n’aura fallu que onze ans pour qu’elle soit multipliée par 2,5.
Effet boule de neige qui explique comment, au cours de ses deux mandats, Barack Obama aura réussi à créer plus de dette que l’ensemble des quarante-trois ex-présidents américains depuis George Washington !
Et pourtant, tout cela reste abstrait. C’est pourquoi quelques mots d’explication sur les conséquences de cette folie, ne seront pas de trop.

D’abord, chacun l’aura compris, la dette ne sera jamais remboursée, ce qui veut dire que des millions d’actionnaires vont se retrouver ruinés au cours du plus grand crash financier de tous les temps.
Imaginons donc ce scénario catastrophe, qu’il est impossible de prédire, mais tel qu’il pourrait se produire à une date indéterminée…

Pour commencer, les gouvernements continueront encore un temps de prétendre avoir la solution en imprimant plus de monnaie, ce qui ne fera qu’amplifier le problème.
Puis ils feront marche arrière ce qui conduira à une hyperinflation, avec des taux d’intérêt atteignant 15 à 20%.
Et nous constatons qu’en 2018 le processus vient de commencer avec l’abandon par Wall Street des prêts à taux zéro.
Quant aux prêts immobiliers ils affichent en France, en juin 2018, un taux de 1,7%, tandis qu’aux USA, ils ont dépassé les 4,6% (taux directeur de la FED à 2%)…
Ainsi, bientôt les banques centrales perdront le contrôle sur leur manipulation des taux d’intérêt. Et c’est alors seulement, que commenceront les véritables difficultés…

Tout d’abord, au fur et à mesure que la dette implosera, tous les actifs de la bulle s’effondreront. Les actions, les obligations et l’immobilier déclineront de 80 à 100%.
Soit ce qui advint entre 1929 et 1932, lorsque le Dow Jones a chuté de 90%, entre 2000 et 2002 quand le Nasdaq a décliné de 80%, ou encore entre 2007-2010 lorsque la crise des subprimes «surprit» jusqu’au secrétaire au Trésor américain, Mr. Bear Stearns qui, en débranchant Lehman Brothers et ses 660 milliards d’engagements, pensait que le choc pourrait être absorbé.
Erreur fatale qui entraina en quelques jours la chute d’AIG plus grosse société d’assurance du monde, puis tout le reste de la structure.
La seule différence avec ce qui pourrait nous attendre étant que lors de ces trois grands crashs la dette mondiale était inférieure, et les bulles d’actifs bien moindres. Ce qui permit de régler la crise de 1929 au prix de la Seconde Guerre mondiale.
Par contre, les deux dernières n’ayant pas solutionné le problème de fond, mais simplement placé quelques rustines pour tenter de remédier aux effets immédiats, – rustines qui sauteront avec l’abrogation de la loi Dodd-Frank et la politique de guerre économique mondiale voulue par Trump – la dette ne ferait qu’augmenter, mais avec un effet exponentiel !
En effet, si l’on ne considère que la crise de 2008, la planète économico-financière qui avait engendré une dette de 140 000 milliards de dollars, fut sauvée par une politique de relance budgétaire ayant permis à la croissance mondiale de rebondir, sans pour autant engendrer une forte inflation, puisque la tendance était déflationniste.
De plus, grâce à l’action des banques centrales qui inondèrent les marchés de liquidités, les taux d’intérêt à long terme n’ont pas augmenté, et ont même baissé pour atteindre parfois des niveaux nuls, voire négatifs. La relance a donc bénéficié d’un contexte parfait : faible inflation, politiques monétaires ultra-accommodantes et taux d’intérêt des obligations d’Etat excessivement bas.
Le problème est que la planche à billets qui inonda littéralement le marché de la dette (plus de 4.000 milliards de dollars aux Etats-Unis) n’a pas épargné l’euro puisqu’en 2017, la dette de la Banque centrale européenne (BCE) dépassait celle de la FED avec 4.157 milliards d’euros, soit plus de 4.568 milliards de dollars, devenant ainsi, après la Chine, le plus important émetteur de monnaie du monde. Pourquoi ?
Tout simplement parce que depuis mars 2015 l’institution a décidé d’acheter pour 60 milliards d’euros d’actifs par mois aux banques internationales détentrices de la dette des Etats européens. Volume porté à 80 milliards en mars 2016 avant de revenir à 60 milliards en 2017.
Là encore en imprimant des euros, sans garantie puisque la reprise de l’économie en zone euro est loin de pouvoir intégrer l’impression de tant de milliards d’euros.
L’Europe a donc suivi le processus de fuite en avant enclenché aux Etats-Unis par la FED. Et quel autre choix avait-elle ?
Or aujourd’hui, chacun sait que l’augmentation de cette dette qui atteignait 4 427,5 milliards d’euros soit 41 % du PIB de la zone euro au moment du bilan en novembre 2017 n’est pas parvenue à relancer une croissance stable fondée sur une économie pérenne, puisque le PIB européen n’a évidemment pas progressé de 41 % en 3 ans !!
Cela veut dire que la croissance économique européenne est tout simplement une croissance de la masse monétaire, pas une croissance économique normale et saine.
Ainsi avec la guerre économique enclenchée par les USA et l’effondrement programmé du dollar, donc le crash à venir, la dette devrait être de plus de 230 000 milliards de dollars soit plus du double qu’en 2008, mais avec de surcroit un «plan catastrophe» à plus ou moins long terme envisageant le crash comme une solution finalement rentable pour les états endettés et les banques qui auront su le préparer.
Autrement dit aux dépends à la fois des petits porteurs et des économies nationales, donc des contribuables…
Ainsi il n’y aurait guère plus que la Chine avec ses 3.200 milliards de dollars de réserves de changes en toutes monnaies et l’Allemagne, avec son excédent public, qui pourraient faire face à la tempête.
Pour les autres, c’est-à-dire quasiment tout le monde, il ne serait pas possible de relancer la machine.

Ce qui explique pourquoi, dans son rapport d’Octobre 2017, le FMI a prédit pour 2020, une hausse rapide des taux d’intérêt, une chute de 15 % des marchés et un recul de 7 % des prix de l’immobilier. Donc une production mondiale en chute de 1,7 % en moyenne. «L’intensité du choc est égale à un tiers de celle enregistrée en 2008. Chacun peut imaginer le désastre si d’aventure les marchés dévissent de manière plus importante.»
Et bien sûr chacun sait que ces marchés VONT dévisser puisque la dette a augmenté de manière incontrôlable…

D’ailleurs même si le Dow Jones monte depuis 8 ans et demi, passant de 6.000 à 25.000 points. Soit 400% de hausse, là encore. Mais là encore on «oublie» allègrement les leçons de l’Histoire qui nous rappelle que la plus longue hausse boursière de l’Histoire n’a duré que neuf ans, entre 1920 et 1929…

Ainsi, si l’on en croit la plus élémentaire logique, il s’agirait donc de se défaire, dans un délai très proche au vu de ce qui se prépare, d’environ 2 quadrillions de dollars de dettes, de passifs non capitalisés, et de produits dérivés.
Ce qui veut dire 29 fois le PIB mondial. En deux mots : La fin du système financier tel que nous le connaissons, puisque le papier monnaie, n’étant appuyé sur aucun étalon concret, serait rendu à sa valeur initiale : Un morceau de papier.
Et l’on imagine les foules se rassemblant paniquées devant les banques fermées, ou les distributeurs vides, pour réclamer non plus leurs économies, soit toute une vie de travail, mais juste quelques sous, afin de survivre.
Ce qui permet de comprendre pourquoi on cherche aujourd’hui à nous persuader de nous débarrasser de l’argent physique, pour ne plus utiliser que de la monnaie virtuelle.
Autant éviter ces scènes pénibles, et une déforestation inutile…

Heureusement, qu’on se rassure ! Une telle catastrophe ne toucherait réellement que les plus pauvres, puisque la directive relative au redressement des banques et à la résolution de leurs défaillances (BRRD) entrée en vigueur le 1er janvier 2016 et ratifié à l’unanimité par la totalité des gouvernements et des Parlements membres de l’OCDE, permettant aux banques en faillite de régler leurs dettes en faisant en toute légalité main basse sur les dépôts bancaires de ses épargnants, a été plafonnée à 100 000 euros !
Le problème évidemment étant que si les banques font faillite, 100 000 euros ne vaudront plus grand-chose…

Autre conséquence «heureuse» : L’implosion de la dette et des actifs entraînerait le plus important transfert de richesse de l’histoire : Les moyennement riches perdraient tout, tandis que les plus pauvres ne perdraient que leurs dettes. Ainsi, dans cette misère générale, seuls les plus riches s’en sortiraient. Ce qui malheureusement n’irait pas sans poser là encore quelques problèmes car si aujourd’hui une personne sur dix dans le monde vit avec moins de 2 dollars par jour, il faudrait que Bill Gates, première fortune mondiale, et même s’il continue de distribuer aussi généreusement sa fortune qu’il le fait depuis quelques années, débourse un million de dollars par jour pendant 2738 ans pour dépenser les 1000 milliards de dollars qu’il devrait posséder s’il vit jusqu’à 85 ans.
Ce qui devrait même lui donner la possibilité de se retirer sur mars avec toute sa famille, en cas de conflit mondial…

Car ne nous y trompons pas, c’est ce qui nous menace

Surtout si l’on intègre à ces données hautement menaçantes, les conséquences du réchauffement climatique et des exodes massifs de populations, donc la suite de conflits, révolutions et catastrophes humanitaires en tous genres que ceux-ci vont provoquer.
Bouleversements divers et variés qui pousseront, car ici nous ne sommes plus dans le domaine de la prospective mais de la certitude, chaque état d’influence, pensant avant tout à sa survie, à défendre ses intérêts particuliers par la force.
Et on comprend que depuis quelques années les budgets militaires des états les plus riches explosent littéralement, puisqu’en 2015 les dépenses militaires dans le monde, qui jusqu’ici stagnaient, sont passées à 1676 milliards de dollars, soit 2,3 % du PNB mondial, enregistrant un pour cent de hausse en une année et que celles-ci ne cessent d’augmenter, avec en tête des plus gros acheteurs : Les États-Unis avec 36 % des dépenses militaires mondiales (612,5 milliards de dollars et 7 500 ogives nucléaires), la Chine, deuxième plus gros budget de défense, qui entre 2006 et 2015 a multiplié par 132 son budget (215 milliards de dollars et 300 ogives). La Russie avec 76 milliards et 8 500 ogives nucléaires. Mais également l’Union européenne qui a prévu d’augmenter son budget de 8,6% à partir de 2016.

Et pourquoi dépenser tant d’argent pour des armes, si ce n’est dans le but de les utiliser un jour ?…

Proposition qui n’est sans doute pas hors de portée de l’entendement d’un Trump, qui pourrait ainsi tenter d’imposer par les armes la volonté hégémonique américaine sur le monde, afin de compenser la perte de pouvoir économique, et donc politique, du billet vert.
Car qui ignore qu’une «bonne guerre» restera toujours un levier magique pour retrouver une côte de popularité en péril après un effondrement monétaire ?
D’ailleurs n’est-ce pas ainsi que Roosevelt et Wall Street ont reboosté l’économie américaine en déchainant la Seconde Guerre après la crise de 1929 ?

Extrait du Testament de Sidney Warburg.
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